Résumé de Schopenhaueur : L’art d’avoir toujours raison

L’art d’avoir toujours raison, de Schopenhaueur

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Biographie en bref :

Commençons par introduire le personnage d’Arthur Schopenhaueur. Il est né a Dantzig au nord de l’actuelle Pologne en 1788 dans une famille riche dont certains membres sont aliénés. Il part voyager en Europe à l’âge de 15 ans en suivant son père et a pour objectif de devenir commerçant. Après le suicide de son père et des disputes avec sa mère, il entame des études et à 25 ans il publie sa thèse dans laquelle il cherche à dépasser la philosophie de Kant. Il rencontre Goethe et découvre aussi la philosophie hindoue. Il développe une culture extraordinaire, parle les principales langues européennes et réussi dans l’art et la musique. Il souffre pourtant d’un manque de notoriété et devra attendre les années 1850 pour connaitre la gloire qu’il recherche. Il était doté d’un pessimisme qui va imprégner toute la seconde partie du 19e siècle jusqu’à Nietzsche et Freud.

 

Schopenhaueur est un homme qui soulève un point essentiel sur lequel il a basé son livre : “l’art d’avoir toujours raison” .

En effet, une vérité objective et sa validité auprès d’autres personnes sont deux choses différentes.

En fait, ce livre consiste à proposer des stratagèmes du langage, afin qu’au cours d’un débat, on puisse identifier facilement la personne qui utilise ces stratagèmes afin d’avoir toujours raison indépendamment de la “vérité” et ce, pour mieux les déjouer.

Personnellement, je trouve que certains stratagèmes sont utiles et d’autres plutôt limite, même si certains peuvent en faire un usage courant.

A vous de vous faire votre opinion, bonne lecture !

 

Le livre se compose de 37 stratégies + 1 stratégie ultime, l’objectif est de vous présenter brièvement les plus percutants.

 

STRATAGEME 4

Le jeu consiste à masquer la conclusion à laquelle on veut arriver, en faisant admettre tous les points nécessaires afin que la suite du raisonnement devienne logique, et soit admise par la partie adverse de façon naturelle. L’idée est de placer une à une ses pièces dans la discussion afin que la personne en face ne perçoit pas la chose venir.

 

STRATAGEME 8

Un moyen très connu pour faire perdre ses moyens à quelqu’un est de le pousser hors de lui même, afin qu’il soit déboussolé et perd ses repères habituels.

 

STRATAGEME 10

Si une personne vous dit “non” là où vous attendez un “oui”, demandez le contraire et feintez d’attendre un oui, ou proposez les deux propositions de sorte qu’il ne sache pas quoi réfuter.

 

STRATAGEME 13

Schopenhaueur propose de donner un énoncé et son contraire, en soulignant bien le contraste entre les deux, de sorte à ce que l’autre se sent obligé d’approuver votre énoncé pour rester crédible.

Exemple : “Faut-il être gentil ou méchant avec ses amis ?”

Sinon, lorsqu’une personne vous fait un reproche et vous dit par exemple : “Est-ce que je vais entendre cela souvent ?”

Demandez si par souvent, cela signifie un peu ou beaucoup, la personne va tendre vers beaucoup, et vous aurez gagné la marge “un peu”.

L’idée est de diluer la notion qui est placée (souvent) pour obtenir une teinte plus précise, ce qui est contraire avec le premier exemple qui consiste à ne pas laisser de place à la nuance.

 

STRATAGEME 14

Attention là c’est du lourd de l’art d’avoir toujours raison. Ce stratagème consiste à amener sous forme logique ce qui ne l’ai pas, avec aplomb et de façon triomphante, alors qu’elle n’a rien de cette apparence à la base. Quelque part, on joue avec le para-verbale et la sensation de certitude pour exercer une influence sur autrui. Si la personne est un peu timide ou qu’elle ne régit pas rapidement, ça peut passer.

 

STRATAGEME 16

Pour ce stratagème, Schopenhaueur propose d’utiliser une chose qui entre en contradiction avec ce qui à été dit jusqu’à présent et qui va à l’encontre des propres agissements de la personne qui vient de l’énoncer.

En gros, ce stratagème explique que certaines personnes trouvent toujours de quoi chipoter pour essayer de retourner la situation.

 

STRATAGEME 19

Lorsqu’une personne vous met au défi de contrer son argumentation et que vous n’avez rien de valable, alors vous pouvez utiliser la généralisation pour déformer dans un premier temps, l’argument qui a été développé.

Exemple : Si je vous demande en quoi vous n’êtes pas d’accord avec l’idée qu’il puisse y avoir quelque chose d’autre après la vie, vous pouvez dire que de toute façon, en tant qu’humain, nous disposons de trop peu d’informations pour affirmer une chose pareil.

 

STRATAGEME 23

On peut pousser quelqu’un à exagérer sa thèse, en utilisant la contradiction et la polémique. Si une personne amplifie une thèse jusqu’à ce qu’elle dépasse ses limites, alors qu’à la base elle avait une bonne configuration, il ne reste plus qu’à trancher tout ce qui dépasse pour discréditer la thèse initiale, qui y sera assimilée.

Ainsi, si une personne tente de vous faire étendre votre thèse, vous pouvez l’arrêter en stipulant ou s’arrête vos propos.

 

STRATAGEME 26

Un de mes préféré, cela s’appelle, la rétorsion. C’est le fait d’utiliser un argument pour le retourner contre lui-même.

Exemple : “Allons, c’est le week end, un peu de repos” est retourné pour devenir “c’est justement parce que c’est le week end qu’il faut se dépenser pour évacuer toutes les tensions de la semaine.”

 

STRATAGEME 27

Lorsqu’une personne perd son sang froid lorsqu’un argument est prononcé, il y a fort à parier qu’il s’agit d’un point faible. Il est alors possible de surligner avec insistance.

 

STRATAGEME 32

Un rapide moyen de donner un coup de balai sur un argument est de l’associé à une chose commune qui n’est pas appréciée et de laisser entendre la ressemblance qu’il y a entre les deux.

 

STRATAGEME 33

Admettre les fondements mais pas les conséquences en utilisant “c’est peut être vrai en théorie, mais pas en pratique”.

 

STRATAGEME 34

Lorsqu’une personne répond par une question ou de façon détournée, il s’agit d’une forme de silence qui peut s’avérer être un point sensible sur lequel il est possible de travailler l’opposant au corps.

 

ULTIME STRATAGEME

Et là on comprend tout de suite pourquoi il est ultime.

D’après Schopenhaueur, lorsque vous constatez que l’adversaire est supérieur, prenez-vous en à sa personne par des attaques grossières et blessantes pour détourner l’objet du débat.

L’idée est alors de passer les facultés de l’esprit à celles du corps mais quelle parade s’offre à celui qui reçoit de tels propos ?

Il est utile bien sur de recadrer sur le sujet, et de souligner que cela est hors de propos et comme disait Voltaire, “la paix vaut encore mieux que la vérité” ainsi qu’un proverbe arabe :

“La paix fait pousser ses fruits à l’arbre du silence”.

PS : La note de la fin précise que le débat permet de rectifier sa pensée et que deux débatteurs doivent être au même niveau sinon, il échappera immanquablement des choses à celui qui est le moins érudit. De plus, si ses raisonnements ne sont pas à la hauteur, le dépit le poussera à la mauvaise foi et à l’artifice ou bien à la grossièreté.

A bientôt !

 

 

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