Hypnose et placébo, comment le stress limite votre réalité

Cet article aborde un livre qui s’appelle, “la volonté de guérir”, et fait un lien avec l’hypnose et l’effet placébo. C’est un cas célèbre d’une personne qui s’est rétablit d’une grave maladie en regardant des films comiques et en s’administrant des quantités massives de vitamine C. Ce qui est intéressant c’est toute l’étude sur le placébo qui gravite autour de cette histoire.

Voici ce que vous allez découvrir dans cet article :

  • L’histoire de Norman Cousins, comment l’esprit déclenche ses mécanismes de rétablissement
  • Quels sont les facteurs qui rendent le placébo efficace
  • Quel lien peut-on faire en hypnose et placébo ?
  • Le rôle du stress aujourd’hui, comment une personne se rend dépendante à ses propres pensées
  • Comment la créativité brise le schéma continue du stress dans la vie quotidienne

Bonne lecture !

Placébo, stress, créativité et hypnose

1) Le point de vue du patient, l’histoire de Norman Cousins

 

Pour commencer, l’histoire se déroule en 1964, l’auteur de l’ouvrage Norman Cousins rentre de voyage légèrement malade et en une semaine, il perd une grande mobilité de ses membres. Lors des test médicaux, il a un vitesse de sédimentation su sang (temps que les globules rouges mettent à se déposer au fond d’une éprouvette) supérieure à 80mm/h.

Cette vitesse est proportionnelle à la gravité d’une inflammation ou d’une infection. Il faut noter qu’une grippe avec un taux d’environ 30 à 40mm/h. Après son hospitalisation, Norman Cousins affiche une vitesse de 115, ce qui indique un état critique.

 

En fait, il est atteint d’une maladie du collagène, les tissus conjonctifs (les fibres qui relient les cellules entre elles) se désagrègent. On lui diagnostic alors une spondylarthrite ankylosante, c’est à dire que ce qui relie ses vertèbres se désintègre.

En plus, lorsqu’il demande à son médecin quelles sont ses chances de survie, on lui dit qu’il a 1 chance sur 100. Le bilan commence très mal et toutes ces informations poussent Norman à agir. En effet, il se dit que s’il n’a qu’une chance sur cent, rester passif est le meilleur moyen de passer à côté de cette chance.

Il se pose alors une série de questions, comment il a pu être atteint de cette maladie qui semble être due à une intoxication aux métaux lourds. Il se rappelle son voyage a Moscou durant lequel il s’est pris les gaz d’échappement d’un avion, ainsi qu’une nuit qu’il a passé à l’hôtel, la fenêtre ouverte avec en bas des camions de chantier qui ont travaillé toute la nuit.

Et pourtant, sa femme a vécu la même chose et n’a pas contracté de maladie.

Peut-être est-ce du à une allergie alors ? Ou une insuffisance surrénale ?

 

Il prend donc cette piste avec sérieux et cherche une façon de rétablir son homostases en faisant fonctionner correctement ses surrénales.

Il sait que les glandes endocrines sont indispensables pour combattre une arthrose aigüe, et que les femmes enceintes peuvent avoir des rémissions arthritiques car la grossesse stimule a fond le système endocrinien.

Une question se pose chez notre homme, comment faire ?!

 

Il se remémore une lecture dans laquelle il est démontré que les tensions affectives, les émotions négatives jouent un rôle sur la chimie du corps et l’insuffisance rénale.

Il prend le paris de se dire que si cela marche dans une sens, alors ça fonctionne dans l’autre et que les émotions positives comme l’amour, la confiance, la volonté, l’espoir peuvent avoir un effet thérapeutique.

Il décide alors d’avoir une discussion avec son médecin et pense au cadre qu’il lui faut crée pour mener à bien son projet. Il décide alors de stopper les calmants qu’on lui administre car il pense qu’ils sont peut-être toxiques pour lui et pense aussi à déplacer sa chambre en dehors de l’hôpital pour se sentir mieux.

Il découvre que les calmants qu’on lui donne mettent à l’épreuve les surrénales et se demande si l’aspirine n’a pas un impact négatif sur les maladies du collagène. Il repense aux traitements du 19e siècle tels que les saignées qui étaient sensées aider un malade à se sentir mieux.

Le truc c’est que sans calmants, la douleur était très forte pour lui. Il explique que la douleur est un message que le corps transmet et que les lépreux eux, ne ressentent aucune douleur quand les membres sont lésés et que c’est ce qui fait que cette maladie est si horrible. Pas de signale d’alarme.

Norman Cousin pense alors que la vitamine C peut lui apporter des bienfaits et après un raisonnement il se demande si le corps n’utilise pas beaucoup de vitamine C pour lutter contre la désintégration du collagène.

 

Lorsqu’il en fait part à son médecin, il lui demande de continuer de croire à tout ce qu’il vient de lui raconter.

Du coup Norman se met à regarder des films comiques en masse et découvre qu’un gros rire de 10mn à un effet anesthésiant et qu’il peut réussir à faire la sieste pendant 2h.

Il demande aussi à tester la sédimentation de son sang après avoir rit et découvre que l’indice fait de petites chutes de 5 points et que cela est cumulatif. Mais à force de rire il dérange les autres patients, alors il part à l’hôtel. Finalement il se sent mieux la bas et pense que cela aide à son amélioration générale.

Il se met alors à absorber des doses massives d’acide ascorbique (vitamine C) par perfusion pour atteindre les 25g d’absorption en 4h ce qui est un taux très élevé. Son médecin le prévient que son corps va surement chercher à éliminer le surplus sans pouvoir l’utiliser.

Après avoir installé la perfusion et après 4h d’injection, il demande un autre test de sédimentation de son sang et s’aperçoit que l’indice à chuter de 9 points.

Au bout de 8 jours, il trouve un taux de 80mm/h qui continue à tomber de jour en jour, il était convaincu qu’il allait se rétablir complètement. Il était maintenant capable de fonctionner normalement.

Il précise qu’il ne cherche pas à faire croire que tout à disparu du jour au lendemain et que durant des mois, il avait été très limité.

Il prend la décision de se remettre au travail et affirme qu’il retrouver toujours plus de mobilité d’année en année.

 

Que penser de toute cette histoire ?

La volonté de vivre a-t-elle une réalité psychologique avec des caractéristiques thérapeutiques ?

Le fait de s’impliquer complètement dans un processus de rétablissement aide sans doute à mobiliser les ressources naturelles du corps et de l’esprit.

Norman affirme qu’il était quand même inquiet lorsqu’il n’arrivait plus à bouger ses membres et qu’il savait que c’était du sérieux et qu’il était aussi convaincu qu’il avait des chances de se rétablir.

Cette histoire à fait l’objet de nombreuses conversations et lorsqu’on à demandé à des médecins si le rire et la vitamine C étaient en cause, ils ont affirmé que ce n’était pas le cas. Et que le patient aurait pu retrouver la santé sans aucun traitement.

Ils ont concluent que Norman à alors tiré profit d’une gigantesque auto-administration de placébo.

L’histoire regorge d’histoire sur les placébos.

Peut être que la volonté de vivre produit des impulsions cérébrales qui stimulent l’hypophyse, déclenchant des effets sur la glande pinéale et tout le système endocrinien, ou peut être que je vous raconte un placébo, qui sait.

Ce qui est intéressant dans tout cela, c’est qu’un contexte psychologique peut avoir des effets sur les mécanismes immunologiques de l’organisme, voyons un peu tout cela en détail et ce qu’elle œil hypnotique on peut avoir sur tout cela.

 

2) Le mystérieux placébo

 

Le fait de donner quelque chose à quelqu’un afin qu’il aille mieux, est comme un cordon ombilical psychologique qui relie ces deux personnes.

Derrière ce mot “placébo” se cache la faculté du cerveau de commander des modifications biologiques pour lutter contre la maladie. Sa capacité d’action est connue de tous et d’ailleurs, pour qu’un médicament soit considéré comme “valable” il doit avoir un meilleur pourcentage de résultat face à un placébo.

Certes il agit sur la chimie du corps, en empruntant des voies du corps et de l’esprit pour agir profondément sur certaines maladies.

Mais ce qui fait sa beauté est sa capacité à crée du “vrai” à partir du “faux”.

Comme lorsqu’une personne imagine une scène et se met à ressentir réellement des émotions, des frissons, et se met à pouvoir vivre une expérience pour agir sur elle même.

Vous voyez surement de quoi je parle n’est-ce pas ?

J’en suis convaincu. D’ailleurs, en parlant de conviction, la croyance qui intervient dans la prise d’un placébo à un rôle important.

A une époque, Bandler et Grinder (fondateurs de la PNL) ont décidés de diffuser leur marque de placébo avec l’étiquette suivante :

“Le placébo ne fonctionne pas avec tout le monde, mais il se peut que cela fonctionne avec vous.”

Ils avaient soigneusement choisie les sous-modalités de leur produit (taille, couleur, etc…) et avaient inventé toute une gamme et finalement, ils ont reçut l’ordre de l’état d’arrêter leur petit jeu…

 

Il existe bien des choses que nous pouvons produire sur nous-même sur base de croyances, et l’hypnose est bien connue pour agir sur celles-ci pour pouvoir les identifier et les fissurées pour produire un changement.

Ce qui est remarquable, c’est que lorsqu’une personne prend un placébo, elle remet à l’extérieur la responsabilité de son rétablissement, bien qu’elle en soit la principale actrice.

Et si elle croit qu’elle n’a pas de pouvoir sur elle même pour dépasser son problème, c’est quelque part une façon de sauter au dessus de la barrière.

Mais, c’est une personne extérieure qui doit aider a construire la croyance que “si je prends ce cachet, ça ira mieux.”

Tandis qu’en hypnose, la personne est actrice de son changement et prend part à l’expérience de façon responsable.

Voilà l’ingrédient indispensable, une ressource extraordinaire : les autres

De ce point de vue là, un placébo est ressemble plus à un processus plus qu’à un cachet, c’est presque comme une recette finalement :

1) Il faut un rapport de confiance entre le prescripteur du placébo et celui qui en fait l’expérience.

2) L’activation du système immunitaire à l’aide d’une croyance profonde que ce qu’on administre est bon pour se rétablir.

Ici le lien entre le corps et l’esprit est mis en évidence car on s’aperçoit qu’une croyance produit un résultat mesurable.

Il en résulte alors deux choses :

  • Qu’une action dans l’esprit peut affecter le corps
  • Qu’une action dans le corps peut affecter l’esprit

 

Par contre il existe des facteurs qui viennent perturbés les résultats car un placébo n’a pas le même effet selon les circonstances.

Et la relation entre celui qui donne et celui qui prend est capitale. Finalement, il y a pas mal de points communs entre l’hypnose et l’effet placébo.

Il est question de croyances à construire, de confiance entre deux personnes (ou entre conscient et inconscient pour l’auto-hypnose) et d’un contexte qui permet à une personne de se sentir mieux en déclenchant ses processus internes pour mobiliser ses ressources.

 

Alors le placébo est-il une suggestion ? 

 

On note des résultats dans pas mal de cas comme parkingson, des maux de tête, la toux, l’anxiété, l’hypertension, les douleurs postopératoires, les ulcères gastriques et d’autres encore. Le fait qu’une personne soit soulagée d’avoir pris une substance pour l’aider et qu’elle attend que cette substance produise un résultat diminue son stress.

On peut dire que le stress est le taux d’usure du corps humain, c’est la réponse du corps pour retrouver un équilibre.

Il peut être physique, chimique ou émotionnel.

Ainsi la bataille pour la tranquillité de l’esprit n’est pas encore gagnée.

Ce qui est intéressant c’est que lorsque l’on explique que ce qu’on à donné à une personne est un placébo, alors l’action de rétablissement s’arrête.

Et en hypnose, si la personne a un doute sur le fait qu’elle ait vraiment vécu une expérience, alors il se peut qu’elle déconstruise la séance et n’en retire aucun bénéfice.

En fin de compte, la valeur du placébo vient de ce qu’il nous apprend sur nous même. Il nous guide sur le chemin inexploré de notre esprit et il nous montre qu’il n’est pas essentiel de l’utiliser car l’esprit peut finalement réaliser la même tâche sans prise de substance.

Le placébo est un émissaire entre la volonté et le corps, on peut dire qu’il n’est pas un suggestion, mais qu’il est l’action que la suggestion produit sur le corps d’une personne.

Cette citation illustre bien cette idée :

“L’esprit est son propre lieu et peut transformer en soi-même l’enfer en paradis et le paradis en enfer.”

Qu’est-ce que tout cela nous apprend ?

On appelle le biofeedback la capacité de l’esprit à produire une action sur le système nerveux autonome, mais qu’importe le nom que l’on donne à cela, ce qu’il faut retenir c’est que l’humain porte un petit réparateur à l’intérieur de lui-même.

Dans tous cela, on remarque que l’hypnose emprunte le même processus que le placébo, pour guider des ressources là ou elles sont nécessaires pour produire du changement dans le corps d’une personne, afin qu’elle se sent différemment.

Le placébo peut guider des personnes comme Norman Cousins à se rétablir d’une grave maladie mais il ne permet pas de modifier la subjectivité d’un souvenir, ou de changer un comportement voulu comme c’est le cas avec l’hypnose thérapeutique.

Le placébo à un effet reconnu sur le corps et l’hypnose à un effet reconnu sur la manière de percevoir les choses et tous deux semblent emprunter les mêmes voies, un peu comme s’ils étaient cousins.

Au delà de ça, quel est l’ingrédient qui vient cimenter le tout pour le rendre cohérent et solide d’après vous ?

 

3) Créativité et longévité

 

Tous les organismes peuvent supporter du stress de façon passagère. Comme pour échapper à un danger.

Le corps se prépare pour une urgence et il privilégie seulement quelques options, dans le cas d’une prédateur et d’une proie, les solutions sont :

  • courir
  • se battre
  • se cacher

Une fois la menace écartée, les affaires quotidiennes peuvent reprendre.

Si vous êtes stressé dans votre vie, vous vivez une poussée d’adrénaline qui allume le cerveau et le corps pour une durée limitée. Le problème c’est que l’on peut devenir dépendant de cette poussée, et les choses de la vie peuvent être des prétexte pour vivre ce mécanisme et l’ancrer.

En plus, par ancrage, il est possible seulement par la pensée, de produire ce phénomène.

Rien dans la nature ne peut supporter le ”mode d’urgence” trop longtemps car cela vide le corps de son énergie pour l’utiliser à l’extérieur et s’il n’y a pas d’énergie à l’intérieur, c’est comme un réservoir de la réparation et de la croissance qui est en mode “panne”.

Du coup pas d’énergie pour crée des projets à long terme par exemple. Le stress agit sur les boutons génétiques qui déclenchent la maladie et régulent les gènes vers le bas pour produire de la maladie.

Si vous pouvez déclencher ce mécanisme de stress par la pensée, cela veut dire que les pensées peuvent rendre malade une personne.

Mais le contraire est-il possible ?

Notez que comme le stress est addictif, vous pouvez devenir addicte à vos propres pensées.

De nos jours, la population est surexposée au stress, elle privilégie alors, l’environnement, le temps et le corps, car à ce moment là, c’est ce qui compte le plus.

Et à force de répétition, une personne ne croit plus aux possibilités, car son champ est restreint à cause du stress. Une personne ne regarde plus non plus à l’intérieur d’elle même car elle est sur le mode d’urgence et ne croit plus que son monde interne à des conséquences sur le monde externe.

 

Pour résumer, les trois quarts du temps la population est stressée, cela réduit sa concentration et l’attention est rivée sur eux mêmes car c’est ce qu’il faut privilégier dans ce mode la.

Comment se libérer des émotions négatives qui résultent du mécanisme du stress ?

Par la transformation, c’est à dire un état créatif.

En mode stress, une personne choisit la pire réalité en s’attendant à ce que cela se produise, car le contraire serait une possibilité et le stress annule ce schéma de pensée.

Par contre la créativité nous permet d’aller au delà de nous même, vers l’inconnu.

Ce changement fait fonctionner en rythme les différents circuits neuronaux pour faire de nous des êtres cohérents, des êtres qui ressentent les choses intensément pour porter la pensée vers l’avenir. Une bonne intention et une émotion élevée affecte la réalité.

Alors c’est ainsi que l’état de stress continue, qui crée des boucles continues d’émotions négatives et de pensées limitées, qui restreignent le champ de notre expérience sensorielle.

Le stress relâche des produits chimiques dans le corps pendant un laps de temps assez court (quelques secondes à une vingtaine de seconde). La gratitude est une émotion qui relâche aussi des produits chimiques qui incite le corps à se rétablir, on revient à l’effet placébo finalement.

Une personne conditionne son système pour produire un résultat sur sa santé.

Finalement, la volonté de vivre, la foi, la bonne humeur, l’humour, la créativité, la gratitude sont des ingrédients qui permettent au corps de garder un certain état d’équilibre.

Les émotions positives sont porteuses de vie.

 

Merci pour votre lecture, à bientôt ! Cet article vous a plu ? Merci d’avance si vous cliquez sur j’aime !

Pour réaliser cet article, je me suis appuyé sur le livre de Norman Cousins « la volonté de guérir » et sur la seconde partie de la conférence de Joe Dispenza, chercheur en neurosciences.

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