Résumé du livre : Chevaucher son tigre, de Giorgio Nardone

Résumé du livre de Giorgio Nardone :

“Chevaucher son tigre, ou comment résoudre des problèmes compliqués avec des solutions simples”

 

chevaucher son tigre de Giorgio Nardone

Connaissez-vous l’art de la Métis ? L’art de la guerre ? L’art de la persuasions ?

Ces approches traditionnelles de la stratégies se révèlent être des analogies que l’on peut appliquer dans de nombreux domaines, dont la communication.

Dans le livre de Giorgio Nardone, “Chevaucher son tigre” on retrouve 13 stratagèmes issues de la tradition pour développer ses compétences à travers des exemples riches de sens.

 

En effet, Chevaucher son tigre est une chose qui semble impossible à première vue. Et si on sort des limites imposées par la boite de la rationalité, que l’on abandonne tout bon-sens, alors chevaucher son tigre devient une chose accessible et réalisable.

Si je vous raconte qu’un jour, un homme veut se suicider en se jetant du haut d’un pont dans un fleuve et que lorsqu’un gendarme l’aperçoit, au lieu de se jeter à l’eau le met en joue et crie “sors de là ou je tire !” et que l’homme obéit au gendarme, vous en pensez quoi ?

 

La structure de chevaucher son tigre de compose de cette manière :

 

LA TRADITION

  • L’art de la Métis
  • L’art de la guerre
  • L’art de la persuasion

LES STRATAGEMES

  • Sillonner la mer à l’insu du ciel
  • Mentir en disant la vérité
  • Partir plus tard pour arriver plus tôt
  • Troubler l’eau pour faire remonter le poisson
  • Pour redresser une chose, il faut apprendre à la tordre davantage
  • Circulaire et linéaire, linéaire et circulaire
  • Tuer le serpent avec son propre venin
  • Eteindre le feu en ajoutant du bois
  • Faire monter l’ennemi au grenier puis retirer l’échelle
  • Créer à partir de rien
  • Le truc dévoilé
  • Changer constamment tout en restant le même
  • Vaincre sans combattre

 

LA TRADITION

L’art de la Métis

– Chevaucher son tigre –

 L’art de la Métis vient de la Grèce antique. Il s’agit de stratagèmes tirés de l’observation de la nature, de stratégies de certains animaux pour capturer leurs proies ou se défendre contre des prédateurs.

Une fois adapté à l’homme, cela donne le genre d’histoire comme celle d’Alexandre le Grand, qui décida un jour de faire bruler ses propres navires pour contraindre ses soldats conquérir les bateaux ennemis qui étaient supérieurs en nombre. Ce genre de stratégie type “situation sans retour” lui a permis de remporter de grandes victoires.

L’art de la Métis est une forme de connaissance libre de tout préjugés qui porte sur une sagesse pratique.

Une phrase de William James affirme que : “Le génie n’est rien d’autre que la capacité d’observer la réalité à partir de perspectives non-ordinaires.”

L’art de la guerre

– Chevaucher son tigre –

 Un livre qui date de plusieurs siècle avant J.C et que j’adore, c’est l’art de vaincre avec le minimum d’effort. Il existe plusieurs ouvrages dont un très connu écrit par le chinois Sun Tzu.

On raconte qu’un jour, un maitre chinois fut l’hôte d’un prince Européen. Pour résoudre certaines questions importantes comme le sort de jeunes princesses, les Européens organisaient des “combats loyaux”.

Et ce qui était en train de se préparer ce jour là.

Lorsque l’on expliqua cela au maitre chinois le principe des combats, c’est à dire, de faire combattre les trois meilleurs champions de chaque partie en combat singulier, il s’adressa au prince en lui disant :

“Permet moi de te donner un conseil : fais combattre ton troisième champion avec leur premier, ton premier avec leur second, et ton second avec leur troisième. Tu perdras contre le premier, mais tu gagneras les deux autres.” Et c’est ce qui arriva.

Pour les chinois, la stratégie doit être la moins évidente possible pour paraitre naturelle à la différence de la culture du héros Grec.

Les mouvements du dragon doivent se confondre avec les nuages.”

L’art de la guerre n’est pas un livre de recettes, mais une sorte de langage crypté qui transforme les idées du livre en prisme, permettant de les entrevoir sous différentes coutures.

L’art de la guerre est une pure logique d’intervention.

L’art de la persuasion

– Chevaucher son tigre –

Il s’agit d’amener une personne à changer d’opinion et de comportement.

Il existe une persuasion qui s’adresse à l’autre et une qui s’adresse à soi-même. Et puisque le processus de persuasion est une constante dans la communication et que nous ne pouvons pas ne pas communiquer, autant utiliser ces principes avec efficacité.

L’art de la persuasion est considéré comme dangereux, car c’est un instrument subtil de pouvoir. C’est l’art d’inventé des réalités qui produisent des effets concrets.

On retrouve cet art qui est utilisé massivement dans le marketing, la politique, la publicité, le management, les sciences médicales et sociales.

LES STRATAGEMES

Sillonner la mer à l’insu du ciel

– Chevaucher son tigre –

L’idée de cette stratégie, c’est de distraire l’attention pendant que des actes importants sont mis en exécution.

En combat, c’est le fait d’attirer l’opposant dans un piège en le forçant à avoir un mouvement de défense pour créer une ouverture autre part et ainsi frapper là ou il est exposé.

En communication, cela se traduit par présenter les choses comme si elles étaient fondamentales pendant qu’il est amené dans une direction de façon secondaire.

Ainsi, si vous commencer une conversation par une chose d’apparence importante, et que vous continuer par autre chose qui est l’objet véritable de votre discussion, comme une demande, face à la première partie de l’échange, cette chose secondaire est en perspective moins importante et sera plus facilement acceptée.

On peut l’employer partout ou il est trop dangereux d’affronter directement l’obstacle qui se trouve entre vous et votre objectif.

Demandez à un fumeur de réduire sa consommation, la tâche lui sera difficile, demandez lui de s’attacher aux cigarettes qui lui font réellement plaisir, et de renoncer aux autres, et il y parviendra facilement. Dans ce cas, l’attention est orientée vers le plaisir et non vers l’évitement.

Mentir en disant la vérité

– Chevaucher son tigre –

A force de trop mentir, les gens ne le prennent plus au sérieux, et si nous pensons d’une chose, qu’il s’agit d’un mensonge et que c’est une vérité, alors nous sommes pris au dépourvu.

C’est ainsi qu’une succession de simulation crée une habitude chez l’autre et le force à baisser sa garde.

A l’inverse, si quelqu’un s’attend à des tactiques trompeuses de votre part, attaquez de la façon la plus simple qui soit.

On ne passe au complexe que lorsque le simple ne fonctionne pas, et oui, le comble de la complexité est la simplicité et non la complication.

Il faut toujours prévoir que le sage peut agir stupidement, pour pouvoir réagir avec un contre adéquat.

Partir plus tard pour arriver plus tôt

– Chevaucher son tigre –

“La meilleure défense est une attaque sur une attaque.”

Ainsi, comme l’a dit Bruce Lee, “la meilleure riposte, vous l’avez lorsque l’adversaire a pris l’initiative et qu’il n’a plus la possibilité de rester totalement vigilant”.

L’idée est alors d’attendre l’attaque et de riposter immédiatement en fonction d’elle, car celui qui attaque de découvre invariablement.

Cela implique la nécessité d’amener l’autre à bouger en premier pour deviner la logique de son attaque, sans s’aventurer sur son territoire, là ou il est à son aise.

En communication, cela peut se traduire par amener l’autre à se manifester, et aller dans une direction doucement pour qu’il découvre ses points faibles afin de les réutiliser contre lui par la suite.

Si vous êtes contraint de commencer l’échange, vous pouvez démarrer quelque chose du genre “je crois que ce que je vais dire n’est pas du tout correct, mais pour l’instant je n’arrive pas à exprimer autre chose”.

Troubler l’eau pour faire remonter le poisson

– Chevaucher son tigre –

Dans les eaux troubles, le poisson a du mal à s’orienter et par analogie, un être humain privé de son point de référence, se perd dans le désordre et la confusion.

Le poisson cherche à remonter à la surface pour trouver la lumière, l’humain se dirige là où il pense trouver une explication capable de réorganiser une situation confuse.

Si vous créez un désordre stratégique, vous poussez à la partie en face de vous à des réactions incontrôlées. Tout le monde connait l’histoire du cheval de Troie.

Si vous préférez une analogie à l’époque moderne, imaginez une femme qui se plaint de son mari.

L’homme préfère sortir avec ses amis et la laisse seule à la maison.

Au bout de quelques mois de disputes, lorsque l’homme sort comme d’habitude, sa femme l’accompagne à la porte en lui faisant un large sourire.

Elle lui dit alors : “Amuses toi bien mon chéri”

Ce soir là, le mari rentre plus tôt que d’habitude et sa femme est surprise de le voir passer le pas de la porte, elle lui demande comment ça se fait, s’il ne s’est pas amusé.

Le doute à finit par perturber l’homme dans ses distractions.

Cela peut littéralement dévorer l’esprit d’une personne pour le pousser à le neutraliser. C’est ainsi que l’on trouble l’eau pour faire remonter le poisson.

Pour redresser une chose, il faut apprendre à la tordre davantage

– Chevaucher son tigre –

Créer des solutions à des problèmes non résolus, voilà la prison mentale de l’homme moderne. Et souvent, il tente inlassablement toutes les possibilités rationnelles pour y parvenir.

Créer implique de dépasser une connaissance donnée ou de s’ouvrir à de nouvelles perspectives concernant une réalité observée pour conduire l’esprit, au delà des limites de son intuition.

Cette stratégie est semblable à l’effet d’un yo-yo. L’idée est tendre dans la direction opposée dans laquelle on souhaite aller afin que l’esprit s’ouvre à des scénarios nouveaux dans le sens contraire.

En d’autres termes, si vous compliquez une situation que vous souhaitez améliorer, en analysant minutieusement les possibilités de cette direction, vous trouverez tout ce qui doit être évité.

Et lorsque vous avez désencombré le terrain des éventualités contre-productives, alors ce sont les possibilités constructives qui s’offre à vous.

L’esprit est ainsi amené à percevoir la réalité sous un angle nouveau.

L’étude des stratégies qui ont échouées sont bien plus intéressantes que les stratégies victorieuses, car vous apprenez à ne pas vous blesser tout seul pour éviter de faciliter le travail à votre adversaire.

Imaginez alors que l’on accuse d’une chose, d’infidélité ou autre, vous pouvez donner des détails saillants qui vont dans le sens des accusations plutôt que d’essayer de rassurer inutilement votre partenaire. Ainsi, la personne va se contracter comme un ressort pour aller dans le sens opposé.

Circulaire et linéaire, linéaire et circulaire

– Chevaucher son tigre –

“Donnez moi un point d’appui, et je soulèverai le monde.”

Cette citation d’Archimède est parfaite pour expliquer qu’opposer un mouvement circulaire à une forme linéaire permet de rendre possible des phénomènes d’apparence impossible.

L’inverse fonctionne également. Pour bloquer quelque chose qui roule, il suffit de placer un coin entre l’objet et la surface de roulement.

Il s’agit de mettre à profit le principe de complémentarité plutôt que celui de l’opposition.

C’est l’idée du Taï-Chi que d’utiliser ce principe circulaire pour profiter de la force du principe linéaire et gagner un combat. Ainsi, avec peu, on fait beaucoup.

Dans la communication, cela peut se traduire par démontrer une thèse simple avec une théorie compliquée ou d’illustrer avec des exemples simples, un fait complexe.

C’est aussi d’après cela qu’une personne “rigide” sera ébranlée par une personne qui d’adresse à elle de façon douce mais ferme.

Un personne humble changera face à la provocation.

Tuer le serpent avec son propre venin

– Chevaucher son tigre –

Ici, il s’agit de retourner une arme contre son agresseur.

Pour illustrer ce stratagèmes, je vous propose de retourner dans la Grèce antique au près d’Alexandre le Grand.

En effet Alexandre entretenait une liaison avec la belle Phillis au mœurs faciles malgré l’interdiction de son père.

C’est Aristote, qui avait influencé le père d’Alexandre pour ce conseil.

Alexandre et Phillis ont alors mis au point un piège envers Aristote.

Phillis est alors partit voir Aristote en lui disant qu’elle était impressionnée et attirée par lui. Et qu’elle préférait se livrer à des jeux érotiques avec lui plutôt qu’avec ce gamin d’Alexandre.

Elle l’invita à une rencontre dans un bois le l’homme fut tenté de posséder cette beauté.

Elle l’accueillit à demi nue, en lui demandant de se déshabiller et de se mettre à quatre pattes afin qu’elle puisse le chevaucher et lui fouetter les fesses.

Aristote accepta et elle s’assis à califourchon sur lui en donnant une fessée vigoureuse.

A ce moment, Alexandre sortit des fourrées avec son père ainsi que d’autres conseillés de le cour qu’Alexandre avait convié pour constater à quel point Aristote manquait de vertu.

Finalement, le hasard amena Aristote à se retirer dans un ile pour écrire un essai contre les femmes.

Lorsque l’on répand un bruit malveillant, faite honneur à votre interlocuteur et ne demandez pas d’explications.

Traitez le comme un allié et votre gentillesse lui paraitra insupportable.

Vous aurez des facilités à retourner son action contre lui pour le mettre en difficulté.

L’essence de ce principe est de feindre une posture d’infériorité, ou de donner l’illusion à l’autre de sa supériorité, pour qu’il lance son attaque et soit convaincu d’avoir gagné, pour que vous puissiez la réutiliser contre lui par la suite.

L’art de la stratégie n’est pas naturel, il demande efforts, constance, exercice et expérience. Une art nécessite une longue période d’apprentissage.

Éteindre le feu en ajoutant du bois

– Chevaucher son tigre –

Il s’agit ici d’un paradoxe logique, délicieux défi pour la pensée.

Un paradoxe ne peut être résolu qu’au moyen d’un autre paradoxe, rendant défaillante la logique linéaire.

Eteindre le feu est un aphorisme qui permet de surmonter les situations en apparence difficile.

En effet, à l’encontre du bon sens, l’idée est d’ajouter du bois sur un feu pour l’étouffer, tandis que si on demande à une personne d’éteindre un feu, elle aura tendance à faire le contraire. Ainsi, le vrai et le faux se superposent.

Essayez donc le pensé à une chose le plus intensément possible pour fixer une idée. L’esprit va invariablement partir ailleurs au bout d’un temps.

Voilà un effet paradoxal intéressant : annuler quelque chose en l’accroissant jusqu’au point de rupture, provoquer pour empêcher, alimenter pour réduire.

Pousser l’esprit à alimenter des fantasmes volontairement effrayants conduit a leur annulation.

Dans l’art de la guerre on exprime cette idée avec cette phrase :

“Créer un vide pour y faire rentrer le plein de l’amener à se heurter à quelque chose d’encore plus plein.”

Lorsqu’on demanda à Lord Bryon l’origine de son succès au près des femmes, il répondit :

“Traitez les duchesses comme si elles étaient servantes et les servantes comme si elles étaient duchesses.”

Autrement dit il s’agit de repousser celle qui est sure de plaire et d’amener celle qui se croit de peu de valeur à se sentir désirée.

“Prescrire pour annuler, frustrer pour obtenir” est une autre façon d’exprimer cette stratégie.

C’est pourquoi si l’on souhaite que deux êtres s’aiment, il faut tenter de les séparer et de rendre leur histoire difficile.

Bien sur il vaut mieux utiliser la pensée stratégique paradoxale avec prudence.

Faire monter l’ennemi au grenier puis retirer l’échelle

– Chevaucher son tigre –

Ce principe est à la base des stratégies qui consistent à faire entrer son adversaire dans un piège pour qu’il lui soit ensuite impossible d’en sortir.

Les doux refus d’une femme désirée, encouragent l’homme à insister et à courir après une chose à la fois offerte et refusée pour amplifier le désir.

Il arrive aussi que cette stratégie soit utilisée par les vendeurs pour augmenter le prix d’une chose en la rendant d’apparence précieuse.

Dans la tradition hébraïque, on proposa a un homme qui avait commis une escroquerie de choisir parmi 3 possibilités pour expier sa faute :

-Payer une amende salée

-Recevoir 100 coups de verges sur le dos

-Manger 10 kilos d’oignons crus

Le commerçant choisit les oignons et après 1 kilo, il eut l’estomac en ébullition, après 2 kilos il supplia qu’on le fouette de 100 coups.

Les coups furent si douloureux qu’après 50 il demanda à payer l’amende pour acquitter sa peine.

L’alternative illusoire plongea l’homme à subir les 3 condamnations de son plein gré.

Ainsi, vous pouvez amener quelqu’un à faire une chose qu’il ne souhaite pas en proposant deux options :

La première doit être couteuse et pénible, et la seconde, bien que difficile à accepter l’est beaucoup moins que la première.

L’idée est de l’amener à croire qu’elle a fait une bonne affaire, puisqu’elle a évité le pire.

Créer à partir de rien

– Chevaucher son tigre –

“Tout ce à quoi l’on croit existe.”

Cette phrase exprime le fait qu’une chose qui n’existe pas, peut produire des effets concrets si on croit qu’elle existe.

L’homme n’aime pas beaucoup l’incertitude, il aime les croyances pour se former une base solide sur laquelle s’appuyer.

Ainsi, ce stratagème exprime l’idée d’amener quelqu’un à croire à une réalité inventée pour le pousser à agir comme nous le désirons.

De toute façon, nous sommes les fondateurs et les victimes de nos auto-tromperies, alors autant en devenir les maitres plutôt que d’en rester les esclaves inconscients.

Ici, l’art de la guerre s’applique encore une fois :

“Savoir combattre nous rend libre ; ne pas combattre est un choix que nous faisons, et non un renoncement dicté par la peur.”

Ce n’est qu’en restant conscients de nos ressources que nous pouvons êtres calmes et capables de vivre sereinement.

Pour illustrer d’une autre façon ce concept, je vous invite à imaginer que vous rentrez dans un lieu, avec l’idée que les gens vous trouveront désagréables. Cela vous rendra rigide et méfiant. Lorsque les gens vont vous percevoir ainsi, ils vont avoir une attitude suspicieuse envers vous et risquent de vous rejeter.

L’inverse est également vérifiable, ainsi, on peut concevoir l’effet d’une séquence interactive crée à partir de rien.

En devenant habile avec cette stratégie, on passe de celui qui construit ce qu’il subit, à celui qui construit ce qu’il gère.

Le truc dévoilé

– Chevaucher son tigre –

L’idée ici est de déclarer à l’avance, ce que l’on veut provoquer. Il s’agit d’un genre de malédiction que l’on lance et avec laquelle l’opposant va tenter de contrer les effets, rendant validant ainsi la stratégie initiale. L’effort que l’adversaire va déployer pour contrôler ses réactions va le pousser à la perte de contrôle.

La tension pour contrôler mène effectivement à un blocage total.

Il s’agit en quelque chose d’une tromperie type “prophétie auto-réalisante” avec laquelle l’auteur doit être un bon communicateur pour instiller la croyance que le “sortilège” va se réaliser.

Imaginez qu’un hypnotiseur se trouve face à un sujet réticent qui suggère que c’est justement sa propre résistance qui l’amènera à manifester des signes de transes type catalepsie ou lévitation de main.

Le sujet, dans sa tentative de contrôler la situation, se mettra à l’écoute de la moindre réaction et tentera de la réprimer. Cela va l’amener à sentir les signes annoncés qu’il est en réalité le seul à produire.

Changer constamment tout en restant le même

– Chevaucher son tigre –

L’eau figure parmi les meilleurs exemples pour illustrer cet aphorisme.

L’eau est l’analogie naturelle du changement, elle s’adapte à tous et dans toutes les circonstances.

Ainsi, savoir changer de perspective est un atout pour sélectionner et appliquer ses talents de stratège.

Tourner à partir de son propre axe et regarder la réalité à partir de points de vue variés permet d’avoir en même temps une perception globale et différenciée.

On dit qu’un sage est sans idée, il ne se fixe sur aucune, et se déplace continuellement de l’une à l’autre, afin que sa perception du monde ne reste pas piégée dans des préjugés.

Il est vrai que l’esprit, par confort ou nécessité, à tendance à construire des certitudes.

Afin de garder une certaine souplesse, il faut apprendre à regarder chaque chose avec plusieurs points de vue, en évitant de se rigidifier dans une perspective unique.

Le frisson de la découverte s’oppose à la tendance rassurante de la stagnation.

C’est ainsi que chevaucher les vagues de notre océan intérieur revient à changer constamment tout en restant le même.

Sun Tzu préscrit de :

“Utiliser la colère pour les confondre, l’humilité pour les rendre arrogants, mettre leurs nerfs à vif à force de malice, sois pour tes ennemis une source de discorde.

Attaque lorsqu’il sont mal préparés, porte le coup quand ils s’y attendent le moins.

Soit tellement subtil que tu en deviennes informe, si silencieux que tu en sois imperceptible.

C’est seulement ainsi que tu pourras être l’artisan du destin de tes ennemis.”

On peut alors résumer le principe de la résolution de problèmes par le fait de changer de tactique jusqu’à trouver celle qui fonctionne, sans se troubler et en passant de l’une à l’autre avec fluidité pour pénétrer l’essence de la stratégie et également le principe moteur des processus d’innovation.

Les solutions sont donc le fruit du changement de perspective dans l’analyse d’un problème, jusqu’à découvrir l’angle qui permet de considérer le problème de sorte que nous soyons guider vers la construction de ces solutions.

Cela signifie que nous devons changer continuellement notre style de communication pour le rendre complémentaire à celui de notre interlocuteur.

Vaincre sans combattre

– Chevaucher son tigre –

Voici l’objectif le plus élevé que l’on peut atteindre en stratégie.

Cela signifie que l’on a un niveau de vertu tel que l’on inspire à n’importe quel adversaire, crainte, respect, admiration au point que l’idée de nous affronter ne vient à personne.

Si votre adversaire perçoit chez vous le calme, l’assurance et le charme qui plient la volonté de combattre et suscite chez lui le désir de vous imiter, il deviendra votre partisan.

Pour atteindre cela, il est nécessaire d’avoir un grand charisme, de cultiver patiemment ses vertus, développer ses connaissances, compétences dans le but de les améliorer pour exprimer l’essence de “vaincre sans combattre”.

L’idée n’est pas de provoquer la peur mais de susciter l’admiration.

Dans ce principe, il n’y a pas de “truc”, paradoxalement, il s’agit d’une stratégie dans laquelle il n’y a pas de tromperie.

L’essence n’est pas de se fabriquer une image que l’on vend aux autres, mais de construire des habiletés qui fascinent.

Il existe une phrase qui exprime la relation que nous entretenons avec nos propres limites :

“Chacun de nous va se coucher tous les soirs auprès d’un tigre. On ne peut pas savoir si ce dernier va nous lécher ou nous dévorer au réveil.”

Ce n’est qu’en cherchant constamment à nous améliorer que nous pouvons faire de notre tigre un ami, puisque la pire des compagnies du monde et la plus dangereuse, c’est soi-même.

Tous les stratagèmes présentés dans ce livre sont le fruit d’habiletés qui peuvent produire des effets extraordinaires.

Le dernier qui est présenté suggère que tout cela ne mène pas à une construction d’un personnage faux, déloyale et qui tend des pièges mais bien au contraire, en respectant une étique irréprochable et comme le dit Gandhi :

 “Soit ce que tu voudrais que le monde soit.”

      Merci d’avoir lu cet article résume du livre chevaucher son tigre, vous pouvez le partager avec les personnes qui sont susceptibles d’en être intéressées, à bientôt !
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